Tatanou, raconte-moi une vraie histoire...!

De l'utilisation du vocabulaire français

 

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    Je tiens à prévenir les lecteurs que les noms de métiers (femme de ménage, maître d’école ou instituteur...) ou de particularités physiques (sourd, aveugle…) seront ceux employés autrefois, avant qu’une vague démagogique interminable en décide autrement.

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Car quoiqu’on en dise, les changements de terme (technicienne de surface, professeur des écoles… ainsi que mal entendant, mal voyant) n’ont pas engendré plus de tempérance et de bonté !

 

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Mais au fait, qui est Tatanou ?

 

G2-G3-26-05-46-1-092-2Tatanou, ou Vève, Ninou, la Grande, Sarcelle, Gene et même, même …. Geneviève Basset, née le 18 mai 1946, par un frais samedi pour la saison, à Salon-de-Provence.

G1-G2-1-1945-87-2

       
   Le papa : Georges Basset,
            origine Loiret, Beaujolais et Russie…
   La maman : Germaine Fabre,
            cévenole et … cévenole !^^^
 
   
   
   Grands-parents maternels    :   
   Augustine (dite Gustine) 
   et Joseph Fabre, cévenols !                

Gusttine-Joseph-X1930-1-088-1Lieux principaux d’histoire familiale, où se situent la plupart des historiettes de « Raconte-moi » :

salon-de-provenceSalon-de-Provence (B.du Rhône), pour l’habitation principale et

00016-RssnSERousson (Gard – Cévennes), dans la vieille maison d’origine maternelle, pour les vacances...

 

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Merci à...

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Un grand MERCIIII à tous ceux et celles 
dont les commentaires de plaisir et de
bravos me donnent le sourire aux lèvres
et le coeur à l’ouvrage!!^^

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08 janvier 2018

Raconter...

La plupart des enfants, dès leur plus jeune âge, adorent entendre des histoires ! Bien sûr, les parents et/ou la famille, commencent toujours par des contes, des histoires inventées, des lectures de livres. Ce sont de "simples histoires".

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    Mais il arrive que certains gamins commencent à poser des questions sur la vie de papa et maman, de grand-père et grand-mère, de tata et tonton.... Et là, est abordée la "vraie histoire" !

Ce qui ne veut pas dire pour autant que l'histoire soit vraie !!^^ C'est aux parents de faire le tri, de dire ce que l'âge est susceptible d'entendre et de comprendre ! C'est aussi en fonction des "non-dits" des histoires familiales, des "lourds secrets" !

J'ai fait partie de ces quémandeurs  !! Et à mon grand plaisir, tant mes parents que ma grand-mère maternelle se sont pliés spontanément à ces demandes.... enfin... quand je n'avais pas l'idée saugrenue de le faire quand ils étaient occupés à une tâche prenante !

Ainsi j'ai saoulé mon père sur ses deux évasions durant la guerre de 40 ! "Je te les ai déjà racontées dix fois !", un peu impatienté ! ... "Oui ! Mais je ne me souviens pas de tous les détails !! Allez, Papa !" ... Alors, je m'asseyais sur ses genoux, et ça repartait pour un tour, où, fascinée par le récit, j'en oubliais de mémoriser les fameux détails !!^^

Quant à ma grand-mère Augustine, dite Gustine, lassée d'être interrogée sur le nom des personnages des photos de son album, elle me répondait, d'une voix lasse et un peu agacée :

"Ma Nène, je m'en souviens plus ! Ce sont des cousins éloignés ! "

Sce Militaire Nice vs 1904- 12

 Faut dire que c'étaient des photos de militaires en Service National, 
qui, traditionnellement, inondaient la parenté de leur photo en habit, 
aussi varié que les divers régiments !  
       

Sce Militaire vs 1900- 11

C'était parfois folklorique, ce qui en "mettait plein la vue". Et en même temps, ils prouvaient ainsi leur sens de bons citoyens, fiers de leur Patrie et de leur Devoir !
Depuis pas mal d'années, je me suis rendue compte, autour de moi, que peu de parents incitaient les enfants à une curiosité familiale... on préférait céder à leurs envies du moment, à la mode du jour...
Et combien de fois ai-je entendu des personnes interrogées, ne pouvoir donner le prénom des grands-parents et encore moins le nom de jeune fille des grands-mères, sans non plus savoir de quelle ville ou région ils étaient !!
Pour moi, c'est comme s'ils étaient nés sous "X" de grands-parents  !! Un drôle de paradoxe par rapport à la quête des enfants adoptés ou orphelins...
Mes récits seront les plus proches possible de ma mémoire, tout en respectant, selon les cas, l'anonymat des protagonistes....


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31 décembre 2017

Voeux 2018 à vous TOUS !

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30 décembre 2017

Le laitier

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A la période des vacances de printemps et d’été, à la meilleure saison, nous avions le temps et l’autorisation de jouir d’une « grande » distraction : aller chercher le lait à la ferme des Souchon. 
Nous y descendions, avec deux ou trois enfants du quartier,  en fin d'après-midi, juste après la grosse chaleur et au moment la traite.

Chacun portait son récipient : qui, un pot-au-lait en fer,

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 qui, un en émail usagé,

qui, une simple bouteille en verre...

 

Leur ferme était située à la sortie du village, près de la grand route. Pour raccourcir légèrement le parcours, mais surtout par plaisir de passer entre les champs, nous empruntions un passage entre vigne et pré qui permettait juste de mettre un pied devant l'autre.

Rousson-Souchon-10-92-1125-1On arrivait à la bâtisse sur le côté Est où se trouvaient au rez-de-chaussée, la "pièce à lait" et l'étable adjacente. Au premier et côté Sud, se situait le logement de la famille.

Rousson-Souchon-10-92-2126-1La pièce à lait, où nous attendions d'être servis, était une ancienne cuisine qui avait gardé son décor d'origine : coin évier avec quelques carreaux de faïence à fleurs bleues autour, placard mural, buffet rustique, vieille table et chaises paillées qui n'avaient plus connus le chiffon depuis des années. Le sol était encore en grossier carrelage bombé. Une pièce contiguë avait certainement servi de chambre.

Par les portes ouvertes, la forte odeur des bêtes et du fumier imprégnait l'ensemble et nous-mêmes par la même occasion, surtout  si nous nous avancions pour apercevoir le jeune veau ou la fin de la traite. Mais nous restions respectueusement à l'entrée : c'était le domaine du fermier et nous craignions d'effaroucher le cheptel... si ce n'était le contraire !...

43-Landos-Charbonnier-21Même adulte, j'aimais y aller jeter un coup d'œil et de nez : il y régnait une chaleur surprenante. J'en profitais pour bavarder avec le patron si la clientèle n'était pas encore arrivée. 

Peu loquace, le visage carré et rougeaud, avec timidité, il voulait bien m'expliquer à petits mots, à courtes phrases, les différentes races, leur rendement annuel de lait, les soins et la nourriture, les difficultés de plus en plus grandes et le peu de bénéfice. 

Il aurait fallu un peu s'agrandir et moderniser ; le fils avait préféré les études et un emploi stable, loin d'ici. Il ne pouvait pas l'en blâmer ; ainsi tout le monde était plus tranquille... 

On sentait une amertume résignée, résumant une vie de rude labeur qui allait finir là, en fermant l'étable, la pièce à lait et la petite porcherie. Il garderait peut-être quelques poules et canards, louerait les champs ou  les vendrait seulement si besoin était... sinon il garderait pour le « petit », qui en ferait ce qu'il voudrait. 

Tout ce patrimoine si péniblement acquis, dont chaque are, chaque herbe était le témoin de souffrances, de suées, de sacrifices, qu'allait-il devenir ? Il se taisait et reprenait calmement la suite de la traite. 

Ainsi donc, l'ancienne-cuisine-pièce-à-lait était un autre lieu de rencontre des villageois et le plaisir pour certains enfants d'y venir en petite bande. Mme Souchon, avenante et sympathique, maîtrisait les élans et les cris de ces oiseaux écervelés qui énervaient parfois la clientèle ou les vaches. 

Devant la porte se trouvait un grand espace, ancienne aire de blé et qui, maintenant, servait de stationnement aux voitures. 

La promenade à pied, l'attente patiente entre deux discussions et deux plaisanteries se perdaient petit-à-petit au profit de cet éternel "gain de temps" dont on ignore l'usage et le profit. Quant encore, certains ne restaient pas dans leur véhicule jusqu'au moment d'être servi !... "les premiers nouveaux sauvages". 

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Une fois, j'ai essayé de faire des fromages avec les faisselles en terre cuite de mon arrière-grand-mère. Ce ne fut pas une pleine réussite : il manquait un peu de sel et surtout d'un "secret" de fabrication qui les aurait rendus plus crémeux. 

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Par contre, les « caillés » étaient presque aussi bons que ceux de mon enfance.
Et si je ferme les yeux,  je sens encore l’odeur de lait chaud du père Souchon  parfumant agréablement la cuisine et s’harmonisant si bien au café matinal. Quel délicieux plaisir de le boire à petites gorgées pour mieux le savourer, le sentir me réchauffer et m'offrir toute son énergie...



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29 décembre 2017

Humour ...

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Je crois que j'ai un peu trop forcé sur la macro !!... 

Et je ne sais toujours pas si c'est
une amanite 
phalloïde ou
un rosé des prés ?!! ^^
 

 

 

 

 

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27 décembre 2017

Evénement - Noël 2017 - Merci à tous !

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MERCIII à TOUSSSS pour vos bons voeux de Noël (MP, votre page FB, etc...)

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            Comme vous pouvez le          constater, tout s'est bien                                     passé...

 

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.. Très bien passé...

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                              ... je dirais même mieux : très bien passé !...

 

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.. Trop bien passé ??^^^^

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L'essentiel ??.... Bien, très bien profiter du temps qui passe !!^^

 

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Joyeux Noël 2017 à TOUS !!^^

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18 décembre 2017

Le noyau

    Eglantine et Marguerite, deux fleurs rustiques.
    Eglantine, veuve, sans enfant, jamais remariée. Marguerite, célibataire.

Ce furent certainement les deux personnes les plus aimées du Saut-du-Loup, pour leur gentillesse naturelle et par les mille services qu'elles rendaient à chacun. 

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« Ménagères » de métier, c’est-à-dire, femmes de ménage, elles avaient aussi été cuisinières de la cantine de l’école, située quasiment en face de chez elles ! Hormis ces maigres rétributions, elles en avaient accumulé d’autres,  comme la distribution des journaux ou du lait du père Souchon, le fermier, afin d’arrondir la fin de mois.

Eglantine était plus fine dans tous les sens du terme et Marguerite s'alignait sur son comportement. Elles faisaient bon ménage simplement parce qu'elles étaient de bonne composition. Quelquefois des bouderies ou des chamailleries sans gravité. Comme dans toute vie de couple.

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   Eglantine était donc un peu le chef, le cerveau. Pleine d'initiative et d'énergie, petite et maigre, active, prenant parfois l’allure d’une fourmi. 

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    Marguerite était un peu plus grande et carrée, plus lymphatique et bien bonasse sous sa moustache.
Elles étaient perpétuellement en mouvement, en quête du moindre trésor découvert en chemin. Ainsi, le retour de leurs courses, ou de leurs divers trajets, était-il rentable : un cageot, quelques baies, des légumes, du petit bois, jusqu'à des traverses de chemin de fer ou simplement un bouquet des champs.

Elles emmagasinaient toutes ces trouvailles hétéroclites dans leur cour et les caves de la demeure paternelle qu'elles habitaient. Une vieille bâtisse encaissée entre deux autres, correspondants à des partages et donnant ainsi une proximité familiale.
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Elles ne manquaient pas cependant d'entretenir une bordure de fleurs, des géraniums le long de la montée d'escalier et l'inévitable treille derrière la porte d'entrée.Le portail de la cour était à claire‑voie et chacun pouvait ainsi jeter un œil et les saluer. Pareillement, quand elles étaient assises sur leur terrasse, mi-cachée par la vigne vierge qui les protégeait de la chaleur estivale, elles avaient le spectacle de la rue, de leur rue, de leur village.

Face à la maison, de l'autre côté de la route, une minuscule langue de terre sur laquelle était un banc en fer, entre les deux arbres qui la délimitaient. Au dos de ce siège, une bordure entrelacée de laurier et de lilas mauve.

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C'était le lieu de rencontre. Vers la fin d'après-midi, avant l'heure du repas, se retrouvaient là quelques habitués, plus ceux de passage venus faire un achat de dernière minute à l'épicerie ou chez les buralistes Bouziges. 

Il faisait bon papoter de tout et de rien, apprendre les dernières nouvelles du coin, avec autant sinon plus d'importance que celles de la nation, voire du monde. Après tout, on était sincèrement plus touché de savoir que la foudre avait cassé le lavoir des deux sœurs, ou que « la petite de la Marie Aberlenc avait failli mourir d’un gros froid », que d’apprendre les dégâts du dernier tremblement de terre en Grèce ou ailleurs. 

Ça n'empêchait pas d'évoquer la vie du pays, mais elle paraissait plus lointaine. Plutôt qu'une réalité, c'était une histoire, triste ou gaie. Sans aucune malveillance ni commentaires personnels, elles colportaient les dernières nouvelles de Rousson et des environs. Elles étaient la gazette locale, vivante et en couleur ! 

Qui ne les connaissait pas ? Qui n'avait pas croisé leur bon visage, le sourire si aimable d’Eglantine ou la voix forte de Marguerite ? 

Quand la voiture de la boulangère s'arrêtait dans le quartier le matin, Eglantine arrivait à petits pas chaotants et précipités, repliée comme un souriceau, le visage radieux, la parole facile et avenante. 

Eglantine et Marguerite entretenaient un jardinet derrière leur maison, plus un terrain au Puech. Encore des allées et venues incessantes, avec ou sans brouette, toujours chargées dans les deux sens.

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   Même dans leur habitation, on devinait une activité permanente. Malgré une petite mais suffisante pension à laquelle s’ajoutaient quelques menues rémunérations de divers travaux, elles vivaient à l'ancienne, dans l'obsession de l'économie, de la récupération et de la transformation. Avec une organisation proportionnellement rationnelle, elles gagnaient encore du temps. 

Ainsi faisaient‑elles leurs conserves, sur l'ancestrale cuisinière noire du balcon, utilisant toutes les moindres brindilles ramassées à chaque sortie. Ça épargnait le gaz et le charbon. 

Elles mangeaient frugalement mais en mitonnant quand même leurs petits plats qui laissaient traîner de savoureux effluves jusque dans le jardin, voire dans la rue. Bien que sobre et mal agencé, leur appartement était propre, l'évier toujours impeccablement blanc, sans objets ni vaisselle traînants.

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    Leur mise surannée les faisait sortir tout droit d'une vieille photographie. Robes noires et longues en coton solide, tabliers sombres à fleurettes blanches et violettes, sandales de toile ou chaussures désuètes avec bas épais ou chaussettes de laine grise. Parfois un grand fichu croisé sur la poitrine. Les cheveux blanchis tirés en petit chignon sur la nuque, sec comme un « pélardon » (fromage de chèvre). 

Leur hospitalité était toujours cordiale et en particulier avec les bambins. Elles pépiaient des mots de bienvenue en s'agitant comme des moineaux pour fêter la visite, offrir à boire, sortir le paquet de biscuits précieusement gardé dans la chambre d’Eglantine pour la circonstance. C'était Eglantine qui avait l'initiative et Marguerite, un peu mollasse, toujours étonnée, obéissait. 

Eglantine aimait lire les magazines. Elle allait certains soirs chez Anna Gazay pour regarder la télévision qu'elle ne se décidait pas à acheter. Marguerite, plus simple, préférait voir les images des journaux ou des hebdomadaires qu'on leur prêtait. Suivant le rythme de la nature, elle allait se coucher de bonne heure. 

Ainsi fut leur vie, tout doucement, sans faire de bruit. Elles étaient si occupées qu'elles ne se posaient pas trop de questions sur le but de leur passage sur terre. C'était le problème du Tout-Puissant. 

Après plus d'un an de souffrances dues à un acharné cancer des os, Eglantine quitta sa compagne.  Lucide jusqu' au bout, elle la houspillait encore de négliger ses ablutions ! Marguerite s'en moquait éperdument. Elle avait soigné tant bien que mal sa moitié. Epuisée par des nuits sans sommeil à apaiser sa sœur torturée par la maladie, elle s'apprêtait, elle‑aussi, insensiblement, à la suivre. 

Et quand Eglantine s'en alla, l'esprit de Marguerite s'effilocha jusqu'à attendre sur le banc, le soir, cette sœur qui tardait à revenir du jardin… Alors, gentiment, comme à un grand enfant, quelqu'un était là pour lui dire que ce n'était plus possible, qu'elle n'était plus là, et qu'il fallait rentrer pour dîner et dormir. Elle répondait un "ah oui, c'est vrai" venu d'ailleurs et obéissait. Puis elle est partie à son tour, à petits pas, à petits feux. C'est ce qui était le mieux. 

Dieu ne les ayant pas préservées de grosses secousses, il aurait pu être plus indulgent avec le dos d’Eglantine qui s'était tant plié sous le poids du travail et qui n'avait pas manqué de l'honorer chaque dimanche en allant à la messe. 

Eglantine et Marguerite, c'était le noyau robuste d'un beau fruit charnu qu'on appelle le village. Le noyau s'est desséché. La chair qui l'enserrait s'est désagrégée. 

Les nouveaux propriétaires de leur maison ont ignoré cet usage. Bien que ce soient des enfants du pays, ils se sont enfermés derrière un portail en métal plein et haut, ont fait enlever le banc  qui faisait face à la maison et ont planté un panneau "propriété privée". 

C'est ainsi que la plupart apprirent que ce bout de terre qui avait été si longtemps "la placette" appartenait à Eglantine qui en faisait profiter tout le monde pour parfumer la vie.

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Eglantine et Marguerite, pour une fois de leur vie, plutôt pour une fois de leur histoire, ne sont plus aussi proches. Comme chacune avait sa chambre, elles reposent dans un tombeau différent, dans une allée différente, l’une avec son époux, l’autre avec la maman, mais toutes deux dans le vieux cimetière de Rousson…. 

Quand je m’y rends pour « voir » les miens et leur « parler », je fais le détour pour les saluer, chacune dans son coin… ainsi que pour tous ceux que j’ai connus et que je remercie d’avoir ainsi coloré, si joliment et naturellement, les dessins de ma vie….


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